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«O, vous qui croyez ! Invoquez Allah d’une façon abondante »

Le Dhikr a été cité quatre vingt trois fois dans le Coran : il comprend la lecture régulière du Coran, la prière sur le Prophète paix et salut sur lui et le tasbîh (l’invocation par les différentes formules connues).

En ce qui concerne l’invocation par les différentes formules dont la plus importante est « Lâ Ilâha illa Allah » on peut citer les versets suivants qui incitent le croyant à invoquer Dieu abondamment :
« Ceux qui ont cru, et dont les cœurs se tranquillisent (s’apaisent) à l’invocation d’Allah, n’est-ce point par l’invocation d’Allah que se tranquillisent (s’apaisent) les cœurs ».
«O, vous qui croyez ! Invoquez Allah d’une façon abondante ».
« La prière éloigne l’homme de la turpitude et des actions blâmables, mais l’invocation du nom de Dieu est ce qu’il y a de plus grand ».

L’invocation de Dieu (Lâ Ilâha illa Allah) a une importance capitale pour l’aspirant vers Dieu qui souhaite purifier son cœur et atteindre par là le degré d’excellence (Ihsân) : l’invocation aide le croyant à mieux accomplir les actes d’obligation comme la prière rituelle ou le jeûne car il permet d’acquérir une présence avec Dieu et d’atteindre un éveil de la conscience qui éloigne des péchés et des mauvaises pensées : le Dhikr agit en effet sur le cœur en le polissant et en le purifiant.

Le parole (Lâ Ilâha ila Allah) était le premier message passé par le prophète Sidna Muhammad (paix et salut sur lui) à sa communauté, il n’y avait pas de prescriptions autre que le Dhikr au début de la communication de l’Islam, car c’est par le biais de l’invocation abondante du Seigneur qu’on L’aime et qu’on obéit par conséquent sans peine à toutes Ses prescriptions. ‘Abdullah Ibn Busr –que Dieu l’agrée- a dit : un homme s’interrogea : « O Messager de Dieu ! Je trouve que les lois divines sont trop nombreuses, indique-moi une à laquelle je m’attache le plus ». Le prophète (paix et salut sur lui) lui répondit : « C’est, que ta langue ne cesse de mentionner Dieu ».
Par la mention abondante de Dieu on finira par L’aimer et L’adorer comme Il Se doit, et inversement si on L’aime, on se lassera jamais de Le mentionner.

Pour montrer que l’invocation de Dieu « le Dhikr » est meilleure que tout autre acte de piété et de dévotion, on cite le Hadîth suivant rapporté par Abû ad-Dardâ’ selon lequel le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « Voulez-vous que je vous annonce quelles sont les meilleures de vos actions, les plus pures auprès de votre Seigneur, celles qui vous élèvent le plus en degré, et meilleures pour vous que de dépenser or et argent en aumône, et meilleurs pour vous que de rencontrer vos ennemis lors d’une bataille pour les tuer ou pour qu’ils vous tuent ? Ils répondirent : Oui. Certes. Il reprit : Eh bien c’est l’invocation de Dieu le Très-Haut. » Un homme demanda : l’invocation est elle meilleur que le Djihâd (la guerre sainte) ? Le prophète répond alors : « même si le mudjâhid (le combattant) frappe avec son épée jusqu’à ce qu’elle se brise et se remplie de sang l’invocateur restera toujours meilleur que lui. »
Et Mu`âd Ibn Jabal a dit suite à ce Hadîth : « Il n’y a pas de chose qui éloigne du châtiment de Dieu autant que l’invocation de Dieu. ».

La mention de Dieu est essentiellement la vie des cœurs :
Abû Mûsâ Al-Ash‘arî -que Dieu l’agrée- a dit : le prophète (paix et salut sur lui) a dit : « Celui qui invoque Dieu et celui qui ne L’invoque pas, sont comparables au vivant et au mort ».

Abû Mûsâ Al-Ash‘arî -que Dieu l’agrée- a dit : le prophète (paix et salut sur lui) a dit : « La maison où on invoque Allah, et la maison où on n’invoque pas Allah, sont comparables au vivant et au mort ».

Un autre Hadîth montre l’importance et la valeur inestimable que Dieu accorde à son serviteur qui l’invoque. C’est un Hadîth rapporté par Abû Hurayra qui rapporte que le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « Dieu exalté dit : Je suis tel que Mon serviteur M’estime, et je suis avec lui s’il M’invoque. S’il m’invoque en lui-même, je l’invoque en moi-même, et s’il m’invoque dans une assemblée, je l’invoque dans une assemblée bien meilleure encore…»

D’un autre côté, l’importance de l’invocation de Dieu est telle que l’abandonner a des conséquences néfastes.

Dieu dit dans le Coran : « Et celui qui abandonne l’invocation de son Seigneur, On lui attribue un mauvais esprit qui ne le quitte pas. »

Le manque de Dhikr peut conduire le musulman à devenir un hypocrite (munâfiq), ce qui est grave. A ce sujet, Dieu dit dans le Coran, en parlant des hypocrites (al munâfiqîn) : « Certes les hypocrites trompent Dieu, mais c’est Lui qui les trompe… » Jusqu’à ce qu’Il dise « …Et ils n’invoquent le Seigneur que peu ».

Nous comprenons donc de ce verset, par simple logique que, pour ne pas être un hypocrite, il ne faut pas invoquer le Seigneur peu mais l’invoquer beaucoup.

Le Dhikr se fait très souvent aussi en assemblée : « Et arrête-toi en compagnie de ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, qui cherchent son visage. Et que tes yeux n’aillent point au delà d’eux ».

Abû Hurayra et Abû Sa‘îd Al-khudarî –que Dieu les agrée tous les deux- rapportent que le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) a dit : « Il n’y a pas de gens qui se réunissent pour invoquer Dieu glorifié et honoré, sans que les anges ne les entourent (de leurs ailes), la miséricorde ne les enveloppe, la sérénité ne descende sur eux et Dieu ne les mentionne chez ceux qui se trouvent auprès de Lui »[15]

Abû Wâqid Al-laythî –que Dieu l’agrée- a dit : « Le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) était assis, un jour dans la mosquée en compagnie des musulmans, trois hommes entrèrent. L’un deux partit, alors que les deux autres avancèrent et se mirent à, contempler le Messager de Dieu (paix et salut sur lui). L’un deux trouva une place vacante dans le cercle (du Dhikr) et s’assit, tandis que l’autre pris place derrière les gens. Quand au troisième, il s’éloignit en tournant le dos. Quand le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) termina, il dit : « Voulez vous que je vous instruise au sujet de ces trois hommes ? Le premier a cherché refuge auprès de Dieu et Dieu le lui donna. Le deuxième a été empêché par sa pudeur de déranger les autres et Dieu a ressenti de la pudeur à son égard, quant au troisième, il s’est détourné de Dieu et Dieu s’est détourné de lui »

Abû Hurayra rapporte : le prophète paix et salut sur lui dit : « Il y a des anges de Dieu qui font le tour des voies et des chemins sur terre pour chercher les assemblées de Dhikr. Dés qu’ils trouvent une assemblée de Dhikr, ils s’appellent et enveloppent de leurs ailes cette assemblée jusqu’au ciel inférieur. Ils montent ensuite vers le seigneur qui les interroge (alors qu’Il sait parfaitement ce qu’il en est) : « Que disent mes adorateurs ? », les anges répondent : « Ils Te glorifient, chantent Tes louanges, et invoquent par « lâ ilâ ha illa Allah » (yuhallilûna) », Dieu exalté dit alors : « Qu’est ce qu’ils espèrent (demandent) de Moi?», les anges répondent : « Ton Paradis », Dieu dit : « est ce qu’ils l’ont vu ? », « non », répondit l’assemblée des anges. « Qu’est ce qu’il en sera, s’ils avaient vu mon Paradis ? » leur dit Dieu. Les anges répondirent alors : « Leur adoration serait plus vive, leur imploration plus intense, leur louange plus nombreuse et leur glorification plus grande », « Qu’est ce qu’ils redoutent en m’implorant ? » leur demande Dieu, « Ton Enfer » répliquent les anges. Dieu dit : « est ce qu’ils l’ont vu ? », « non », répondirent les anges. « Qu’est ce qu’il en sera, s’ils avaient vu l’Enfer ? » leur dit Dieu. Les anges répondirent alors : « Ils se hâteraient de le fuir et le redouteraient plus ». Dieu dit alors : « soyez témoins, mes anges, que Je leur pardonne ! ». Un ange dit : « il y a telle personne qui n’est pas des leur, mais qui est venu pour une raison terrestre (une affaire quelconque) ». Dieu dit : « Je lui pardonne aussi, ne sera guère malheureux celui qui se réunit avec cette assemblée (Ils sont les compagnons, si quelqu’un prend part à leur réunion, il ne sera jamais malheureux) »

‘Abd Allah Ibn ‘Abbâs dit « l’interprète du Coran » [que Dieu l’agrée] dit : « Chaque fois que Dieu impose à son serviteur une Obligation, il donne à celle-ci une limite définie et il a excusé les personnes qui n’ont pas accompli cette obligation dans les cas de difficulté ou d’inaptitude, sauf pour le Dhikr, pour lequel Dieu n’a imposé aucune limite et pour lequel il n’a excusé personne s’il ne l’accomplit pas sauf s’il n’a pas ses facultés intellectuelles lui permettant d’être responsable de ses actes. Dieu a ordonné son invocation dans toutes les situations, c’est ce qui est dit dans le verset « ceux qui invoquent Dieu debout assis et couchés[19] », Dieu a dit aussi  » Ô croyants, invoquer Dieu abondamment » (c’est-à-dire  nuit et jour en terre et en mer, en voyage ou chez vous, dans la richesse et la pauvreté, quand on est en bonne santé ou malade, secrètement ou ouvertement et dans toutes les situations. »

L’invocation de Dieu peut se faire avec le chapelet ou avec la main, à tout moment, en tout état et en tout lieu : (sauf, bien sûr, dans lieux impropres, comme les toilettes ou la salle de bain).

Al-Imâm ’Abd Al Karîm Al qushayrî [que dieu l’agrée] a dit : « L’invocation de Dieu est la garantie de la sainteté, et la lumière du chemin qui mène vers la rencontre de Dieu, c’est le moyen de réaliser ses vœux, le signe du bon début sur le chemin vers Dieu, le signe annonciateur d’une fin heureuse sur le chemin vers Dieu, Il n’y a rien avant le Dhikr ( c’est le début de tout) et toutes les qualités nobles reviennent au Dhikr et prennent leur racine dans le Dhikr. »

Sidi Hamza Al-Qâdirî Al-Butshîshî maître vivant de la Tariqa Qâdiriyya Butshîshiyya dit à propos de l’invocation de Dieu : « Le Dhikr pratiqué régulièrement fait disparaître progressivement les désirs et les pensées impures. De la même manière, si des chasseurs se rendent chaque matin dans la forêt et tirent des coups de fusil, alors tous les animaux apeurés s’enfuient en entendant les coups de feu, puis reviennent un peu plus tard dans la journée. Mais comme les chasseurs reviennent tous les jours, les animaux finissent par changer d’endroit. »

Pour insister sur la difficulté de déceler puis d’extraire les vices de l’âme par nos seuls moyens, on cite le hadîth suivant rapporté par Al-Hakîm At-Tirmidhî: « L’association (la petite association : l’ostentation) au sein de ma communauté est plus cachée que la marche de la fourmis dans la nuit obscure dans la pierre plate… ».